Carnet de route

Manaslu et Tsum Valley Népal 2014

Le 17/12/2014 par Oriol Pascale

Trek du 15 octobre au 9 Novembre 2014 avec Claudine, kiki , Bernard et moi même, Dorjee notre guide et nos 3 porteurs Passang, Amber, et Baralam

20 jours de trek avec viste de la Tsum valley et AR jusqu'à Samagaon pour le début du tour du manaslu mais retour car Larkya La difficile à passer à cause des chutes de neige .

Nous survolons Katmandou au petit matin après un vol sans histoire depuis Istambul. La nouvelle ligne ouverte par la Turkish airlines coupe au plus court au dessus de vastes déserts d’altitude de l’Afghanistan et du Pakistan et permet de rejoindre le Népal en moins de 12 heures depuis Toulouse. L’Himalaya défile à travers les hublots et nous observons les montagnes enneigées jusqu’à une altitude anormalement basse pour la saison. La chape de brouillard sur la ville nous empêche d’atterrir et nous repartons patienter quelques heures sur l’aéroport de Delhi avant de rejoindre enfin Katmandou. Nous ne nous doutons pas en ces instants qu’une queue de cyclone vient de balayer les montagnes népalaises .

Vingt quatre heures plus tard, nous hoquetons sur la piste chaotique qui mène à Arughat. La petite troupe s’est agrandie : Pascale, Claudine, Bernard et Christian ont été rejoint par Dorje, notre guide et Passang, Barram, et Barambar nos jeunes porteurs. Après une nuit dans ce petit bourg terminus des bus, nous voilà enfin à pied d’œuvre sur le chemin du tour du Manaslu.

Nous remontons les gorges de la Buddhi Gandaki durant 3 jours sur d’impressionnants sentiers en balcon encombrés de convois de mules, de villageois et de trekkers occidentaux. Le profil moyen de la journée est caractérisé par un dénivelé relatif faible – de l’ordre de 300 m -, et un dénivelé total supérieur à 1000m plus communément appelé « Népali flat ». Chose inhabituelle, nous croisons de nombreux trekkers à la mine dépitée alors que nous devrions nous contenter de doubler les moins valeureux d’entre eux. Nous comprenons progressivement, au fil de leurs récits, qu’une tempête hors normes s’est abattue sur le Népal le jour précédent notre arrivée et que de nombreuses personnes ont péri, perdues dans le froid en essayant de passer les cols ou ensevelies aux abords sous de terribles avalanches. De ce fait, les trekkers engagés sur le tour du Manaslu font demi-tour et rentrent dans la vallée. Après en avoir remonté quelques uns avec  de solides et roboratifs apéros aulusiens, nous quittons ce flux quelque peu déprimant en prenant un sentier plein Est pour nous engager dans la Tsum Valley.

La Tsum est un petit paradis isolé – un shangri La -, ouvert aux visiteurs seulement depuis 2008. Il faut grimper deux jours jusqu’à 3000m d’altitude là où la vallée s’ouvre, pour découvrir de merveilleux villages de style tibétain bâtis au dessus de la rivière et entourés de larges champs de blés, orge ou de pâturages de yacks. Les gens vivent ici paisiblement au rythme des saisons et des travaux des champs. Aucun outil électrique ou thermique pour cultiver, construire les maisons, couper les arbres ou moudre le grain. Tout se déroule ici, comme il ya deux mille ans, avec des outils sommaires taillés dans le bois. Sur les hauteurs, des petits monastères hébergent des petites nonnes et accueillent les visiteurs pour quelques heures ou pour une nuit. Nous cheminons tranquillement dans la vallée pendant 6 jours, nous arrêtant le soir chez l’habitant pour manger, dormir  et échanger un peu avec nos hôtes. On observe bien quelques concessions à la modernité : une piste défoncée, partant de rien et n’allant nulle part, mais taillée par un bulldozer chinois déposé là par hélicoptère (la frontière n’est qu’à 2 jours de marche), des petites filles roses qui essaient de prendre aussi l’hélicoptère mais pour aller à l’école (à 6 jours de marche mais dans l’autre sens), quelques produits alimentaires douteux  au fond d’une échoppe dans leur emballage chinois (on se délectera néanmoins de quelques whiskies frelatés) … Pas grand-chose d’autre finalement. Nous avons bien conscience de partager des instants en suspension entre deux mondes – celui installé ici depuis des millénaires et le monde d’ailleurs arrivant à toute allure pour le meilleur et pour le pire (surtout si l’on considère le choc culturel provoqué par le contact soudain avec un indigène de la vallée aulusienne,  « tu veux dire le mec braillard, bouffeur de bidoche de yack , de fromages puants et de saucisses de porcs, qui marchande les bières , et fait le fanfaron pour le passage d’un certain col ? »).

 

Sur le chemin du retour, nous faisons un détour pour monter vers le camp de base des Ganesh Himal et dormir dans une vieille gompa décatie. Et puis il faut rejoindre la vallée de la Buddhi et le sentier du tour du Manaslu, toujours encombrée des caravanes de mules et trekkers qui montent et qui redescendent occasionnant des croisements parfois périlleux. A ce stade, nous comprenons que le passage du col encore très enneigé sera problématique voire dangereux sans crampons. Nous remontons plein Nord durant 4 jours, à travers forêts et alpages, jusqu’au village de Samagaon à 3800m. Ce gros bourg marque la dernière halte avant les trois étapes d’altitude pour passer le col du Larkha à 5100m. Une fois le col passé, la jeep est à un jour de marche dans la vallée de la Khali Gandaki sur le tour des Annapurna. Nous choisissons sagement, mais non sans regrets, de faire comme la plupart des trekkers : demi-tour, 85 km et 6 jours de marche sur nos pas. Pour une fois, il ne sera pas dit dans les gazettes locales que le CAF de Carcassonne se distingue de la masse !

Avant de redescendre, nous explorons le pied du Manaslu en nous approchant sur ses flancs Est – au monastère de Pungen - et Nord, au lac Bihandra. A 4000m, on est à mi-hauteur de cette pyramide bifide presque parfaite. Des séracs monstrueux pendent et des avalanches énormes dévalent de ses pentes. On observe aux jumelles la voie pour grimper, l’emplacement des camps d’altitude et Le sommet qui s’effiloche d’un panache de neige soufflée par le vent. Nous passons des heures au soleil à contempler ces splendeurs juste pour le plaisir des yeux et de l’esprit. Et puis nous mettons nos pas dans nos pas pour retourner à Arughat ainsi que nous l’a conseillé un corbeau facétieux croisé en chemin. Après 6 jours de marche vers le Sud et d’invraisemblables trajets motorisés, nous regagnons Kathmandou et ses plaisirs urbains : douches chaude à profusion, habits propres, gros steaks dans les restaurants de Thamel et repas en famille chez notre guide.

Et puis c’est le retour. Comme chaque fois on se dit qu’on ne peut pas dire adieu au Népal et aux amis Népalais : on reviendra, c’est sûr, et déjà on rêve d’un autre itinéraire. Pourquoi pas la Rolwaling la prochaine fois ?

Pratique : Tour du Manaslu et Vallée de la Tsum 

Durée : 20 jours de marche – 2 jours de 4x4 ou bus – 28 jours Toulouse/Toulouse (Turkish Airlines)

Hébergement et nourriture : entièrement en lodge, (quelques nuits chez l’habitant ou monastère dans la Tsum)

Dorje TAMANG, guide francophone, a organisé et accompagné notre trek avec un grand professionnalisme. Depuis 10 ans, c’est aussi devenu un ami.

Dorje_tamang@hotmail.com

Agence : Bright Himalayan mountain trek : http://borderhimalayantrek.com/







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